Affaire Fayçal : Dr Koutoubou Sanoh se fâche  » les autorités religieuses sont purement et simplement manipulées… » (discours)

0
5412
Koutoubou Moustapha Sanoh
Koutoubou Moustapha Sanoh
Partager

Indirectement mis en cause par certains responsables religieux dans la gestion des fonds saoudiens annoncés pour la rénovation de la grande mosquée Fayçal de Conakry, l’ancien secrétaire général des Affaires Religieuses et actuel ministre conseiller diplomatique à la Présidence de la République, Dr Koutoub Moustapha Sano a conféré ce samedi 15 juillet avec la presse. Au cours de cette conférence de presse, il a livré sa part de vérité dans cette affaire de rénovation de la grande mosquée. Faux, les autorités religieuses n’ont pas écrit au prince. Elles ne le connaissent même pas, c’est un ami D’entrée, il a fait ce rappel historique des faits : « En 2013, alors ministre de la Coopération internationale, nous avons invité le Prince Abdel Aziz Ben Abdallah, le fils du défunt Roi d’Arabie Saoudite et c’était la première fois qu’il arrive en Guinée. Il était venu pour une visite officielle pour un entretien sur d’autres dossiers. Mais le Premier ministre d’alors, El hadj Mohamed Saïd Fofana m’a dit pourquoi ne pas faire une visite surprise à la mosquée Fayçal ? C’est ainsi que nous sommes allés à la mosquée Fayçal avec le Prince. Je précise que nul n’avait été associé à cette visite surprise. Arrivé sur les lieux, j’ai amené le prince juste là où ça coulait au niveau de la mosquée. A la sortie, le prince m’a dit que l’Arabie Saoudite va nous donner cinq millions de dollars qui seront utilisés pour la rénovation et la construction de deux immeubles pour avoir des recettes pour l’entretien de la mosquée. J’ai entendu dire que les autorités religieuses ont écrit au prince, c’est faux. Elles ne connaissent même pas le prince, le prince c’est un ami », dira-t-il avant d’annoncer clairement le rôle d’un ministre en charge de la Coopération internationale. « Le ministre de la Coopération internationale est chargé d’aller chercher des fonds. Il met les fonds reçus à la disposition des départements concernés. Par exemple, quand le fonds pour la construction du pont Kaaka a été acquis, c’est le ministre des Travaux Publics qui s’est occupé de l’exécution et de la gestion. Voilà un peu comment les choses marchent ». Poursuivant, il a dit qu’il a été malheureusement informé comme d’autres Guinéens qu’un bureau d’études a été sélectionné sur « une base opaque » pour un cahier de charges à l’endroit des autorités saoudiennes afin qu’elles puissent concrétiser cette promesse de financement. J’ai fait plus de trois à quatre voyages à cause de cette mosquée Fayçal en Arabie Saoudite sur instruction du Président de la République « Plus tard, on dit qu’ils ont fait un appel d’offres restreint. Pour un financement de 5 millions de dollars pourquoi restreindre l’appel d’offres ? Si ce n’est pas de la corruption pure et simple, ça devrait être un appel d’offres ouvert permettant même aux entreprises étrangères de soumissionner. En 2016, on voit que les choses ne bougent pas et j’ai reçu des instructions pour voir pourquoi les choses ne bougent pas. J’ai fait plus de trois à quatre voyages à cause de cette mosquée Fayçal en Arabie Saoudite sur instruction du Président de la République pour comprendre réellement pourquoi les choses ne bougent pas. Il ressort de toutes ces démarches effectuées que c’est la corruption et la cupidité qui sont à la base du retard du financement. L’enveloppe annoncée par les saoudiens est de 5 millions de dollars pour la rénovation et la construction de deux immeubles. A notre surprise, à Ryad, on nous annonce qu’il y a une requête guinéenne de 7 à 8 millions de dollars pour la mosquée Fayçal. Quelle cupidité. Un partenaire vous promet une enveloppe de 5 millions pour la rénovation de la mosquée et la construction de deux immeubles, vous envoyez au même partenaire un devis de 8 millions seulement pour la rénovation. S’il y a retard dans ce projet de rénovation de la mosquée, il est dû à cela », a-t-il informé invitant les uns et les autres à faire une différence entre une promesse et le financement. Il n’y a pas de blocage dans cette affaire mais plutôt un retard qui est justifié par la corruption et la cupidité du bureau d’études S’adressant aux autorités religieuses, il a clairement mentionné : « Avec tout le respect que je leur dois, elles n’ont aucune notion de base dans la gestion. Elles ne connaissent pas comment les choses marchent. Mais elles sont purement et simplement manipulées. Moi, je suis un religieux en même temps un gestionnaire. J’ai eu la chance de faire les deux et je sais pertinemment la différence entre une promesse de financement et le financement. Gérer les prières et tenir les sermons ne sont pas synonymes de gestion. Je dirais donc qu’il n’y a pas de blocage dans cette affaire mais plutôt un retard qui est justifié par la corruption et la cupidité du bureau d’études. Je ne dirai pas aux autorités religieuses de rester dans leur coin mais elles doivent éviter de polémiquer sur des choses dont elles n’ont pas la maîtrise. Ceux qui sont derrière ces religieux n’ont qu’à sortir publiquement pour dire ce qu’ils ont comme information. J’ai beaucoup d’estime et de respect pour le grand Imam ».

Le roi Mohamed VI avait fait venir une entreprise que le grand imam de Fayçal a chassée A propos de la rénovation qui avait été entreprise par les Marocains et qui a connu un arrêt total, le conférencier a tenu à préciser : « C’est le roi Mohamed VI qui avait fait venir cette entreprise que le grand imam [Elhadj Mamadou Saliou Camara] a chassée. Cela a même failli de peu provoquer un incident diplomatique. Je n’en savais rien, je ne me suis mêlé que lorsque cela a failli de peu créer un incident diplomatique entre la Guinée et le Maroc. L’Ambassadeur m’avait appelé à l’époque pour m’en parler ». Plus loin, le ministre s’est interrogé sur l’utilisation judicieuse de la somme d’1 milliard de francs guinéens qui aurait été mise à la disposition cette année de la mosquée Faycal pour son entretien. Ce dossier, dit-il, mérite d’être audité. Avant de terminer, Koutoub Moustapha Sano a annoncé l’arrivée très prochaine d’une délégation saoudienne. A l’en croire, la venue de cette délégation permettra de comprendre davantage les choses et de relancer le processus afin que les travaux de rénovation de la grande mosquée soient une réalité.

Libreopinionguinee avec Mediaguinee

Comments

commenter ici

Laisser un commentaire